mardi 6 octobre 2009

Portrait robot d'un couple aisé à Paris

La revue "Challenges", numéro 182, titre cette semaine sur le salaire des cadres. Outre les grilles de salaire moyen / mini / maxi par profession, ils nous donnent le salaire brut annuel moyen des cadres en France qui se situerait ainsi à 55,900 euros.

Faisons alors un petit calcul. Imaginons un couple marié ou pacsé qui travaille et souhaite vivre à Paris. Imaginons que les deux époux soient cadres "dans la moyenne". Ils cumulent donc un salaire brut annuel de 111,800 euros. Selon les critères habituels pratiqués par les politiques, l'INSEE, etc. ce couple se situe donc dans "Les Aisés".

Ils gagnent à peu près 85,000 euros net annuel et vont payer 12,000 euros d'impôts sur le revenu (1,000 euros par mois). Leur salaire confortable de 7,100 euros par mois peut être utilisé à 33% pour emprunter dans le but d'acheter un appartement.

Actuellement les taux d'intérêts sont très bas, disons qu'ils arrivent à négocier un emprunt de mensualité 2350 euros, à 4.30% sur 20 ans. Ils peuvent ainsi emprunter 380,000 euros, belle somme (près de 2,5 millions de francs...). Le prix moyen de l'immobilier à Paris est actuellement 6 150 € / m2, leur endettement sur 20 ans à 33% de leurs revenus va donc leur permettre d'habiter un beau 60 m2.

Voilà ce que c'est d'être aisé, en France, à Paris. 60 m2 d'espace vital dans un quartier moyen.

(Et je ne parle pas des non cadres, des juniors, des célibataires, ... qui doivent se contenter de moins).
(Et je ne parle pas non plus des "bons" quartiers, des étages élevés, des balcons, etc... qui ramèneraient l'espace vital à moins de 40 m2).

lundi 5 octobre 2009

Nouveau jouet

Leica vient de sortir un télémètre numérique aux caractéristiques remarquables, le M9 (belle revue sur Luminous Landscape). La "Tentation Leica" qui me titillait depuis des années devient trop forte. Mais avant de me lancer pour un M9 il m'a semblé judicieux de commencer par un modèle argentique, classique, pour me faire la main sur ce système radicalement différent.

Me voici donc avec un magnifique M6 et son Summicron 50mm f/2.





Un bien bel objet, dès qu'on l'a en main on se sent bien, confortable. Il est évident que tout, ici, a été pensé pour le photographe, pour la photographie. L'ergonomie est le résultat d'un siècle de petites améliorations successives. Pourtant la série M est bien différente des appareils réflexes bourrés d'automatismes.

La mise au point est manuelle. Le réglage de la lumière également. Le cadrage se fait via un viseur dans lequel des lignes indiquent les limites de sa photo. Toutes ces choses sont en fait des avantages pour "faire de la photo" (au lieu de laisser faire une électronique).

A suivre pour les premiers résultats...

lundi 7 septembre 2009

Quand le monde avait peur

Ce weekend j'ai regardé le film Watchmen. Il s'agit de l'adaptation plutôt fidèle de la bande dessinée américaine du même nom. Le Comic, publié en 1986/87, était déjà impressionnant par sa liberté de ton et par le nombre de « grand sujets sérieux » qu'il aborde. Le film amplifie la dimension visuelle, sans (trop) sacrifier l'histoire. Le livre est, je crois, la seule oeuvre graphique à avoir été classée par le magazine Time parmi les 100 meilleurs romans en langue anglaise de tous les temps.





Une grande partie de l'histoire a pour sujet une potentielle 3ème guerre mondiale. Chaque personnage, d'une manière ou d'une autre, vit dans l'attente et la crainte de l'annihilation nucléaire. « J'en ai assez d'avoir peur » dit Damien.

Quelques jours plus tôt j'ai entendu à la radio Russians, la chanson de Sting de 1985 sur le même thème. Nous étions alors en plein coeur de la Guerre Froide, et je réalise à quel point les Américains vivaient avec cette peur. Il faut dire qu'à de nombreuses reprises la tension est montée entre l'Est et l'Ouest lors de conflits comme la guerre du Vietnam ou la crise des missiles de Cuba.


What might save us me and you
Is that the Russians love their children too
– Sting, 1985




J'ai également connu une personne d'origine Russe qui m'avait raconté qu'à l'école on leur rabâchait que l'occident c'était « les méchants ». Les exercices d'alerte pour apprendre à descendre au bunker ou se réfugier sous la table en cas d'attaque étaient réguliers, eux aussi.

Et finalement j'ai l'impression que nous, en France, nous n'avons jamais été vraiment conscients de cette menace. Un peu à mi-chemin, « entre deux mondes », on devait s'imaginer que le risque s'arrêtait à nos frontières, comme pour le nuage Tchernobyl.

Puis en 1989 c'est la chute du Mur de Berlin. Sur le moment les conséquences n'étaient pas évidentes, mais depuis le monde a radicalement changé, jusqu'à l'inclusion dans l'Europe d'anciens pays communistes tels que la Roumanie, la Lettonie, l'Estonie. Personne n'a plus vraiment peur de l'Est. On ne voit plus de russes dans les films de James Bond. Ou alors ce sont des bandits, pas des espions.

La grande peur du XXème siècle a été remplacée par de multiples menaces : Terrorismes, Crise financière, Réchauffement climatique.

vendredi 7 août 2009

Musique : Yuksek "Away from the sea"

En période estivale, pour occuper les vacances il est bon de remplir son iPod de nouveautés musicales de qualité. J’ai ainsi découvert le premier album de Yuksek. De son vrai nom Pierre-Alexandre Busson, ce D.J. de Reims est maintenant producteur et compositeur.





On peut classer l'album dans le style electro-dance, proche du disco. On y retrouve les influences de la scène électronique française (Daft Punk, Air) ou internationale (Benassy Bros, Chemical Brothers). Chaque détour musical amène d’ailleurs son lot de références, comme un petit jeu de piste dont le terrain de jeu serait les 30 dernières années musicales.

Dans le tube Extraball c’est « The Time Is Now » en référence au standard dancefloor de Moloko. Hommage également à Daft Punk dans This Is Not Today en reprenant le slogan de l’hymne dance internationale « One More Time ». A Certain Life commence par une rythmique certainement inspirée du très 80s Cargo d’Axel Bower. Le très pop So Far Away nous amène peut être même du côté de Bowie et son Everyone Say Hi…


1. Break Ya
2. Tonight
3. A Certain Life
4. Extraball
5. Take A Ride
6. I Could Never Be A Dancer
7. So Far Away From The Sea
8. Little Dirty Trip
9. This Is Not Today
10. I Like To Play
11. So Down
12. Freak O Rocker
13. Eat My Bear
Hidden. Tonight, folk remix


Le son est énorme, la rythmique extrêmement efficace, tout en restant toujours mélodique. En cela la scène française electro s'oppose finalement à la techno pure et dure venue d’Allemagne (Karftwerk, Elen Alien, …) qui, souvent, privilégie la texture sonore et le beat à la mélodie.

Le single Tonight (ici en images) est un vrai tube dancefloor, du concentré d'énergie qui donne furieusement envie de bouger ! A écouter d’urgence.

Mais lors de ce voyage musical d’une cinquantaine de minutes, on passe également par une véritable odyssée électronique à la Jean Michel Jarre (I Could Never Be A Dancer), du quasi R&B (So Down), du folk (remix acoustique de Tonight en morceau caché derrière Eat My Bear).

Après Laurent Garnier, Daft Punk, Air et quelques autres, Yuksek semble bien être le nouveau nom de la scène française electro à suivre de très très près.

jeudi 23 juillet 2009

Conquête spatiale : une autre époque

Que de battage médiatique autour de l'anniversaire de l'alunissage des américains en 1969 ! 40 ans : même pas un cinquantenaire. Il fallait vraiment qu'Obama ait besoin de focaliser ses électeurs sur autre chose que la crise pour qu'il fasse ainsi célébrer cet anniversaire en grandes pompes...

Et tout le monde est enthousiaste. De quoi ? Je ne comprends pas. Pour ma part, je trouve au contraire pitoyable de voir à quel point le monde a changé. Je m'explique.

Le 25 mai 1961, le président Kennedy annonce la conquête de la Lune. Le 20 juillet 1969 la lune est décrochée pour lui, à titre posthume. Durée : 8 ans.

Une trentaine d'années plus tôt, en janvier 1939, Niels Bohr découvre la fission nucléaire. Dans la foulée les prémices de ce qui va devenir le projet Manhattan se mettent en place. On connaît la fin : deux bombes foudroient le Japon en août 1945. Durée : 6 ans.

Aujourd'hui la capacité d'entreprendre des États-Unis est au point mort. Son industrie agonise. La NASA avoue travailler sur une nouvelle mission habitée vers la Lune depuis 2004 avec pour objectif une première tentative concrète en... 2020. Durée estimée : 16 ans, pari qui ne sera certainement pas tenu.

On se souvient donc avec nostalgie d'une autre époque. Une époque où de grands projets pouvaient aboutir dans des délais humainement acceptables. Où les motivations et les budgets étaient bien présents. Où le monde avait un sens, une direction.

Alors que sa première décennie s'achève, il est grand temps que le 21ème siècle trouve sa voie, sa motivation et sorte de son errance molle. Les grands projets écologiques qui fleurissent ici et là seront-t-ils l'électrochoc tant attendu ? Parviendront-t-il à changer le monde en 10 ans ou moins ?

En attendant les nostalgiques peuvent lire ou relire l'excellent Voyage dans lequel l'auteur, Stephen Baxter, fin connaisseur de la Nasa, imagine ce qui aurait pu se passer si Kennedy n'était pas mort à Dallas. Aurait-il encore repoussé la frontière avec la conquête de Mars ?